Quels Scandales

Quels scandales
Que leurs volontés brutales
Leurs violences létales

Il n’y a rien de fatal
À la pauvreté l’ignorance et la faim
À cette hécatombe globale

De leurs mentalités médiévales
Ils vous mentent effrontément
En prétendant que c’est immanquable
Que ces morts sont inéluctables

Il y a largement les moyens
De contenter les appétences
De remédier à l’indigence
D’améliorer les intelligences
De satisfaire ces fondamentales exigences

Un peu de ce que certains dépensent en parfum
Et l’on règle le faux problème de la faim

Taxer le luxe ou les transactions financières
Et non plus asphyxier les démunis
Cela n’oppresserait les nantis
Qui pratiquent malgré tout la politique de l’épée
Comme au moyen-âge pour satisfaire quelques glorioles
Terribles et funestes guignols

Pas besoin d’être devin pour lire leurs ambitions
Leur appétit de pouvoir et de richesse
Ils ont font les mêmes grandes écoles
Et au final se partageront le pactole
Arnaques et énarques
De ces ploutocrates et oligarques

Triste Terre
Où la plupart se moquent que les uns crèvent
Et où d’autres vivent selon leurs rêves

Pesanteurs

Les pays des obèses
Des hommes ventripotents
Oppriment les contrés des hommes squelettiques
Où l’on craint même les piqûres de moustiques

Les pays des gratte-ciel et de l’opulence
Écrasent ceux des cases et de l’indigence

Et ces hommes gros et aisés
Ne veulent pas aider
Ces autres pauvres et affamés

Ils ne veulent partager leur fortune
Qu’ils forgent pourtant en exploitant
Ces multitudes faméliques
Les écrasant de tout leur poids
Et de toute leur puissance

Certains ont beau crier à l’injustice
Pour que l’on répartisse les richesses
La loi inique de la plus grande violence
Pèse plus lourd dans la balance
Dicte son absolutisme

Et les masses de subir le fardeau
Des décisions du brutal pouvoir
Des dominants et leurs sbires
Qui les font souffrir et périr

Des classes sociales

Ils se distinguent par les classes sociales
Et trouvent ça tout à fait normal
Ils ne perçoivent la violence
Qui sous-tend ces différences

Cet héritage des temps féodaux
Est ancré dans leur cerveau
Ils n’en discernent le mal
Et n’y voient rien de brutal

Pour ces égoïstes il n’y a d’injustice
À ce que la vie des uns soit un supplice
Et celle des autres un délice
Avec les puissants ils sont complices

Ils pensent encore que la loi du plus fort
Ne constitue pas un tort
Alors ils permettent ces discriminations
Autorisent le manque de compassion

Mais cette séparation est inique
Le cœur des hommes n’est-il pas identique
Leurs souffrances ne sont-elles pas similaires
Ne respirent ils pas le même air

Chacun ne mérite-t-il pas de pouvoir vivre décemment
De pouvoir exister convenablement
Qu’il soit bête ou intelligent
Qu’il soit faible ou puissant

Hélas aujourd’hui ceux qui sont richissimes
Pour les miséreux manquent d’estime
Et ne font preuve de pitié
Les ont même en inimitié

Ils sont tout bonnement dégueulasses
À permettre que certains trépassent
Ou vivent dans le dénuement
Alors qu’ils ont le pouvoir de faire autrement

Sans empathie

Ils ont un gros portefeuille
Et dans le confort de leur fauteuil
Ils ne se mettent à votre place
Et méprisent ce qu’ils appellent populace

Ils vous traitent comme du bétail
Et ne valorisent pas votre travail
Ils méconnaissent l’empathie
Et vous considèrent comme petit

Pour eux vous n’êtes qu’un gueux
Et c’est de votre faute si vous êtes nécessiteux
Que leur importe si vous avez joué de malchance
Ils trouvent mérité votre indigence

Ils n’en ont cure
Que votre dur labeur
Soit synonyme de malheur
Eux ils jouissent de leur sinécure

Ils ne parviennent à s’identifier
Avec vos douleurs et vos problèmes
En vérité ils ne vous aiment
Le système est là pour vous broyer

Que vous soyez au chômage
Et ils vous traitent même de fainéant
À vos souffrances ils ne rendent hommage
Vos doléances ils réduisent à néant

C’est bien fait si vous en êtes là
Que vous viviez comme un rat
Pensent-ils profondément irrespectueux
Se moquant de vos efforts infructueux

Ils n’ont pas vraiment conscience
Qu’eux ils ont eu de la chance
Mais ils veillent à maintenir leurs privilèges
Et les maux du peuple n’abrègent

Violence et pauvreté

Maintenir les gens dans la pauvreté
Est une forme de violence
Dont on n’a pas forcément conscience
Il faut le vivre pour le constater

Oh on ne voit pas couler le sang
Ce qui pourrait émouvoir même les puissants
Mais il s’agit évidemment de brutalité
Que de laisser mourir les affamés

Avoir du mal à joindre les deux bouts
C’est comme recevoir des coups
L’indigence vous ronge
Vous vivez un mauvais songe

Terrible tribulation
Que de devoir se serrer la ceinture
Peiner à s’acheter sa nourriture
Comme une cruelle malédiction

Vous éprouvez l’adversité
Au sein de l’opulente cité
Vous négligez votre santé
Ce n’est pas la priorité

Vous vendez vos dernières breloques
Vos habits commencent à ressembler à des loques
Vous économisez sur le chauffage
Et en ressentez de la rage

En fait vous ne pouvez satisfaire la moindre envie
C’est heureux si vous êtes en vie
Le bonheur vous est défendu
La hantise c’est de se retrouver à la rue

Vous ne savez ce que vous réserve le lendemain
Alors vous rognez même sur le pain
Votre situation famélique
Est honteuse et dramatique

Du fait de cette condition démunie
Vous n’avez plus d’amis
Ils ne voulaient être les malheureux témoins
De ce que vous étiez dans le besoin

Insupportable

C’est insupportable
Les uns de déféquer dans de l’eau potable
Les autres de devoir marcher des kilomètres
Pour dans des seaux de l’eau mettre

Et le gaspillage alimentaire
D’un côté de la terre
De l’autre des êtres affamés
Qui peinent à trouver à manger

Là des personnes obèses
Qui en meurent c’est le drame
Là des êtres qui ne pèsent
Que quelques kilogrammes

Quelle extrême violence
Que de ne vouloir satisfaire les appétences
Des multitudes faméliques
Dont la situation est des plus tragiques

C’est comme s’il y avait diabolisation
Par les riches non coopératifs
De ces lointains êtres chétifs
Et ce même à l’heure de la mondialisation

Celle-ci rime avec pillage des richesses
De ces pays pleins de faiblesses
Et les pauvres n’ont qu’à bien s’y tenir
Sous peine de se faire occire

En effet les audacieux opposants
Se font souvent assassiner
Car ils ont osé
S’affronter aux dominants

En secret les riches décident

Les gens de pouvoir sont inaccessibles
Les contestataires ne peuvent les prendre pour cibles
Entre eux il y des rangées de policiers
Qui veillent à ce que les puissants ne soient dérangés

Ainsi à l’abri des regards indiscrets
Dans le confort de quelque cabinet
Peuvent-ils décider en secret
Du sort du peuple inquiet

Et de leurs discussions confidentielles
Souvent influencées par des industriels
Naissent des décrets ou des lois
Qui influent le destin des masses aux abois

Qu’importe s’il y a du tumulte
Si la société est agitée
Tout se fait de manière occulte
Sans le peuple consulter

Oh on organise bien des débats à l’assemblée
Mais l’essentiel s’est déroulé à la dérobée
Dans les locaux du ministère
Qui n’en fait d’ailleurs pas trop mystère

Ainsi de pouvoir mépriser la populace
En pondant des lois iniques et dégueulasses
Qui favorisent les riches
Si ça ce n’est pas de la triche…

Qu’importe ce qu’on a dit avant les élections
Ils n’hésitent pas à mentir effrontément
Se gardant bien de dévoiler la vérité de leurs actions
Abusant de leur parole délibérément

Winner takes all

Dans ce pays où règne l’iniquité
Le gagnant rafle tout
Tant pis pour les perdants qui ont misé
Et qui doivent aller sans le sou

Et ainsi les patrons des grandes entreprises
De s’octroyer des salaires mirobolants
Leurs salariés au fond ils méprisent
Qui triment pour des miettes au demeurant

Pareil pour les politiciens
Qui s’accordent de substantiels avantages
Et dont la politique n’est pas celle du partage
Tant pis pour le citoyen

Les riches ne songent qu’à être plus riches
Quitte à ce qu’il y ait de la triche
Et d’influer en sous main les dirigeants
Au détriment des pauvres gens

Dans leur esprit il y a les vainqueurs
Et le reste des êtres humains
Il est vain de faire appel à leur cœur
Ils ne sont pas vraiment humains

Oh ils organisent bien des diners de charité
C’est que dans le peuple il y a disette
Et d’y afficher leur semblant de générosité
Où ils distribuent quelques miettes

Travailleurs pauvres

Tolérer la pauvreté
Mais quelle violence

Que certains aient du mal à boucler leur fin de mois
Qu’on les traite presque comme des chiens
Cela ne semble guère susciter d’émoi
Chez la plupart des politiciens

Une vie convenable
Ce n’est pas beaucoup demander
Hélas les travailleurs pauvres de devoir lutter
Pour qu’il y ait du pain sur leur table

Beaucoup ne peuvent se satisfaire
De ces bas salaires
Qu’imposent ces intraitables patrons
Qui se gardent la part du lion

Une vie décente
C’est la moindre des choses
Mais le chef ne se remet pas en cause
Et de devoir bosser de façon angoissante

Aussi il y a ceux qui sont à bout
Qui n’arrivent à joindre les deux bouts
Et qui en viennent au suicide
Parce que trop ou pas assez lucide

Tolérer la pauvreté
Mais quelle violence

Indignés

Comment ne pas être en colère ?
Devant tant de misère
Comment ne pas être indignés ?
Face à tant de pauvreté

Il est temps de dire notre ire
À ceux qui nous préparent encore pire
À ces quelques milliardaires
Qui se partagent les richesses de la terre

Il est temps de proclamer comme nous sommes fâchés
De voir combien il a de gens fauchés
Ce qui fait l’affaire de ces fachos
Qui conspirent dans notre dos

Nous notre irritation
Rime avec compassion
Pour les infortunés
Les déshérités

Mais notre grand mécontentement
Face à ceux qui mènent leurs affaires éhontément
Ne doit verser dans la haine
Qui ne ferait qu’accroitre notre peine

S’il y a de quoi être exaspéré
Par ces politiques d’un autre âge
S’il y a de quoi avoir la rage
Il ne faut vainement désespérer

Et on le sait la solution
C’est la révolution
La résistance permanente
Face aux idées puantes

Aussi les gens de bonne volonté
De devoir s’unir et propager
Leur conception de la bienveillance
Il y a urgence devant tant de souffrances

Monde de brutes

Le monde me déçoit
Où règne le chacun pour soi
L’altruisme ne fait pas loi
L’individualisme est roi

Les égoïsmes l’emportent sur la générosité
Au détriment de la solidarité
Oubliée la fraternité
C’est le règne de la brutalité

Partout la violence de sévir
Et les pauvres de devoir subir
Ces politiques réactionnaires
Pour le bonheur des actionnaires

Ceux-ci ne font preuve d’humanité
Se moquent de l’affreuse réalité
Que leur appétit induise de la cruauté
Leur importe peu en vérité

Leur incommensurable désir d’argent
Est réellement affligeant
Qui nuit à la masse des indigents
Dont le besoin d’aide est urgent

Spoliations et révolte

Pauvre ouvrier
Ils n’ont de cesse de te ridiculiser
De toi ils n’arrêtent pas d’abuser
Mais au moment des élections de te solliciter

Ils te maintiennent dans la misère
Alors que tu leur est assurément nécessaire
Habituellement ils ne font rien pour te satisfaire
Mais à l’approche du scrutin de chercher à te plaire

Ils sont tout le temps à t’exploiter
Au plus dur labeur ils t’ont destiné
Ils t’empêchent de connaître une réelle félicité
Mais de ton bulletin dans l’urne ils veulent profiter

Ils sont là à te spolier
Parce que tu n’as pas été bon écolier
Généralement ils ne font rien pour toi en particulier
Mais au moment des suffrages ils veulent faire de toi un allié

De ta force ils profitent sans vergogne
Toi qui à l’indigence te cognes
Ils t’ont affecté aux pires besognes
Mais au moment de la consultation sur toi ils lorgnent

Alors il est grand temps que tu te révoltes
Et que tu cesses d’être désinvolte
Puisque leur dictat tu supportes
Il faut que ta vie aussi leur importe !

Petite philosophie capitaliste

À y bien réfléchir
Il faut s’enrichir
Voilà leur semblant de sagesse
Amasser de la richesse
Pas la peine de méditer
Il s’agit d’accumuler
Se faire du fric
Sans aucune éthique
Il faut gagner d’avantage
Sans partage
Qu’importe la compassion
Il faut se faire du pognon
Et de se doter d’un magot
Sans se faire de cadeau
Peu importe la morale
Et que l’on est vénal
Il faut se faire des thunes
Et de créer sa fortune
Car selon leur pauvre déontologie
Argent rime avec magie
Il faut donc entasser un trésor
Quitte à ce que là-bas il y ait des morts

La guerre économique

On ne fait plus la guerre comme naguère
Aujourd’hui on parle de compétitivité
Qui pour nombre est synonyme de calamité
Qui doivent souffrir dans les deux hémisphères

On entend moins les canons tonner
Mais bon nombre de trépasser
En vertu de ces compétitions
Qui réclament de féroces actions

Il y a eu transformation du champ de bataille
C’est le pauvre qui désormais fait figure d’épouvantail
Et c’est au sein même des cités
Que les indigents subissent les atrocités

On peut mourir de faim ou de froid
Sans que le passant n’en ressente de l’effroi
Bien content tout de même de rentrer chez lui
Sans avoir subi d’ennui

L’impitoyable concurrence
Engendre ces insupportables violences
Les nécessiteux endurent maintes souffrances
Et ce parfois depuis l’enfance

Mais cette guerre ne dit pas son nom
Comme si ces politiciens de renom
Avaient honte de ces belligérances
Qui révèlent de la sauvagerie une survivance

En effet ils se targuent haut et fort d’être humain
Même s’ils en viennent parfois eux-mêmes aux mains
Et ferment les yeux sur les réelles brutalités
Laissant la besogne aux œuvres de charité

Les nantis

Nés avec une cuillère d’argent dans la bouche
La misère leur semble lointaine et louche
Pour les déshérités ils n’ont que peu de compassion
En vertu de leur « bonne » éducation

Gâtés depuis leur tendre enfance
Par des tonnes de jouets submergés
Ils ont été chéris et chouchoutés
Et non pas connu de violence

Ils se sont vus dorlotés
Tendrement choyés
À l’abri du monde extérieur
Là où règne le dur labeur

Et on ne leur a inculqué le sens de l’empathie
À ces petits nantis
Qui n’ont conscience de leurs privilèges
Et ce depuis l’école ou le collège

Bien en haut dans l’échelle sociale
De par leur naissance
Ils sont dans l’ignorance
Des difficultés économiques et sociétales

Aussi ils n’ont que peu d’estime pour les défavorisés
Eux qui n’ont connu que la richesse
Et de croire que pauvreté rime avec faiblesse
Les indigents étant parfois même l’objet de leur risée

Justice de classe

Dans ce pays-là
Où l’on se réclame des droits de l’homme
Il y a deux justices en somme
Le véritable droit ne fait pas loi

Oui il y a une justice à deux vitesses
Une pour ceux qui ont la richesse
Une autre pour les indigents
Les pauvres gens

Et ceux-là de n’être guère inquiétés
À cause de cette iniquité
Malgré parfois l’énormité
De ce qu’ils ont fait ou dérobé

Et cette justice de classe
Une pour la masse
Qui gagne durement son pain
Une pour les rupins

A quelque chose de révoltant
Pour ceux qui ont l’esprit de probité
Ainsi au lieu de l’impartialité
Il y a ce favoritisme abracadabrant

Il y a une véritable inégalité
Dans le traitement des dossiers
Et ceux-là d’aller rarement en prison
Tandis que pour ces autres c’est leur seul horizon

Ainsi il y a les privilégiés
Et ces autres qui se voient négligés
Les juges étant pleins d’égards
Pour ceux qui ont le pouvoir

Les professionnels du sourire

Les professionnels du sourire
Ont les dents longues et acérées
Car ils sont intéressés
Et veulent votre assentiment obtenir

Tels ces politiciens éhontés
En mal d’électeurs
Qui se montrent ainsi rusés
À défaut de faire peur

Tels ces journalistes-présentateurs
Qui peut-être vous leurrent
Avec leurs informations biaisées
Et leurs débats tronqués

Tels ces commerçants cupides
Qui vous prennent pour stupides
Et n’en veulent qu’à votre argent
Même si vous êtes indigents

Les professionnels du sourire
Occultent la vérité de leurs agissements
Ils sont là à plaisanter et rire
Mais ce n’est pas innocemment

Leurs intérêts sont en jeu
Et dépendent de votre consentement
Alors de rigoler un peu
Jusqu’à votre acquiescement

N’approuveriez-vous aucunement
Ils pourraient montrer leur vrai visage
Celui qu’ils ont en d’autres paysages
Mais qu’ils s’attachent à vous cacher évidemment

Médias sous contrôle

À la botte des entreprises
Quand ce n’est pas à la solde du pouvoir
Des journalistes sous emprises
Nous donnent leur réalité à lire ou à voir

Sous influence des décideurs
Qui sont souvent leurs actionnaires
Les malins rédacteurs
Décident des choses à dire ou à taire

Il y a peu de médias indépendants
On en trouve sur le net cependant
Mais ceux qui font la pluie et le beau temps
Sont financés par ceux qui possèdent l’argent

Aussi sous une apparente neutralité
Le sacro-saint journal télévisé
De relayer dépêches et autres actualités
S’apparentant à des billevesées

Les nouvelles ne sont pas fouillées
Les reportages sont par le montage biaisés
On ne pose pas de questions gênantes
Les interrogations ne sont pas embarrassantes

Ainsi le discours est orienté
La propagande marchande martelée
Et ceux qui osent critiquer
Se voient vite débarqués

Il n’y a plus guère d’impertinence
Et les questions d’importance
Sont shuntées ou ignorées
Toute opposition est subtilement matée

Pareil pour les journaux papier
Où l’information est également tronquée
Ainsi à quelques exceptions près
Règne l’hypocrisie dans les médias français

Violences économiques

Les violences économiques
Et leurs conséquences astronomiques
Banalisées par le pouvoir médiatique

Oh elles font bien l’actualité
Mais on n’en parle pas comme de la brutalité
Juste un normal fait de société

Mais les brutes insensibles
Ont beau demeuré invisibles
Leurs décisions n’en sont pas moins horribles

On occulte habilement leur terrible politique
Et ses effets dramatiques
Par des débats distrayants et soporifiques

Pauvre de lui le miséreux
Dont ils méprisent l’état nécessiteux
Que leur importe qu’il soit malheureux

On n’écoute guère ses doléances
Faut dire qu’il lui manque souvent l’éloquence
Pour pouvoir bien exprimer sa souffrance

Et de nous distraire
Avec toujours plus de spectaculaire
Loin des tristes réalités ordinaires

Alors la majorité de pouvoir fermer les yeux
En se disant « tant mieux »
Que la malchance ne leur soit arrivée à eux

Bienveillants vs bien-pensants

Dans ce pays triste
Les êtres vraiment altruistes
N’ont pas voix au chapitre
Les médias les traitent comme des pitres

Disent-ils la vérité
Quant à l’ampleur de la précarité
Qu’on les tourne en dérision
Surtout à la télévision

Les bien-pensants sont là à l’aise
Pour moquer et railler
Leur opinion et leurs thèses
Qui se voient ainsi balayer

Et les bienveillants moins nombreux
Passent alors pour des comiques irréalistes
Ou pour de drôles d’utopistes
Par rapport aux conformistes en face d’eux

Leur générosité est ridiculisée
Et les conservateurs d’ironiser
À propos de ces doux rêveurs
Et leurs propositions pour le bonheur

Les bourgeois peuvent dormir tranquilles
Les medias leur sont dociles
L’ironie c’est qu’il fallut un vrai clown
Pour irriter les tycoons

Esclavage moderne

Dans ces pays là les enfants ne jouent pas
Leur malheureux et éprouvant destin
Est de se retrouver au chantier ou à l’atelier clandestin

Ils sont à l’ouvrage
Malgré leur bas âge
Pour nourrir leur famille
À l’aide d’un marteau ou d’une aiguille

Et ils ont peu de récréation
Pour exercer leur imagination
Leur dur labeur
Profitant à l’impitoyable exploiteur

Les Occidentaux eux achètent sans vergogne
Le résultat de leur besogne
Fermant les yeux sur l’origine des produits
Qu’ils acquièrent à très bas prix

Ils connaissent les conditions de fabrication
Mais le faible coût est un motif de satisfaction
Et que ce soit le fruit d’un supplice
Ils l’ignorent alors sciemment par avarice

Sans exiger une haute éthique
Ils tolèrent cette insupportable provenance
La cupidité pour politique
Entretenant l’iniquité et l’indigence

Pour eux ce qui est rentable
Est le commerce inéquitable
Qui induit le travail des enfants
Un fait violent, abject et déshonorant

La pilule est amère

Avouez que c’est monstrueux
Ils ont des médicaments pour soigner le monde
Mais ils les gardent égoïstement pour eux
Ne les destinent pour les lointains nécessiteux

Ils brevettent en effet leurs remèdes
Leur donnent un prix exorbitant
Et n’apportent de véritable aide
Qu’aux chanceux qui ont de l’argent

Ils leurs vendent même ceux qui sont périmés
Se débarrassant par-là de ce qui leur est inutile
Dans une logique scandaleusement mercantile

Ils envoient bien sûr quelques médecins
Soigner quelques urgences
Pour éviter qu’on les considère comme des assassins
Se donnant aussi bonne conscience

Et de distribuer quelques pilules
Face aux maladies qui pullulent
Au lieu de soigner en permanence
Ceux vivant dans l’indigence

Oui avouez que c’est honteux
D’acheter à bas prix leurs plantes
Et de revendre leurs concoctions
Pour des sommes extravagantes

Ils veulent même s’approprier ces végétaux
Par des brevets sur le vivant
S’emparant des fruits de la nature
S’arrogeant un droit sur le naturel

D’asphyxier les autochtones ils n’ont de cesse
Venant sans vergogne piller leur richesse
Les assujettissant aux lois de leur marché
Profitant avec violence de leur faiblesse

Violence et démence

Les fous furieux de la violence
Ils seront intraitables
Et démentiront leur démence
Les accuseriez-vous d’être déraisonnables

C’est qu’ils ont le sentiment d’exister
Cette bande de brutes excitées
Lorsqu’ils torturent ou tuent
Souvent au nom de leur vertu

Et donc ils n’hésiteront pas à se vanter
De leurs actes abominables
Ne percevant comme ils sont minables
À ainsi les autres épouvanter

C’est qu’ils sont vraiment aliénés
À prendre plaisir à commettre des atrocités
Aveugles qu’ils sont à leur perversité
Et de semer la terreur dans la cité

Et face à ces insensés
Qui n’ont aucune humanité
L’on est hélas bien obligé
À notre tour de violenter

La police des riches

Je crains que dans ce pays là
Il n’y ait de flics
Que pour protéger ceux qui ont du fric
Gare à ceux qui sont dans l’embarras

On y a bien le droit de manifester
Mais pas trop de vraiment détester
Ceux qui s’abreuvent de champagne
Alors que d’autres triment comme dans un bagne

Voyez ces longues matraques
Aux abords des palais et des palaces
La police veille sur ceux qui sirotent leur cognac
Alors pas d’attroupement sur place

Les pauvres sont dénigrés
Et aussi les immigrés
Les clochards n’ont qu’à bien se tenir
Car les riches de les honnir

Ils ne pensent qu’à accumuler de l’argent
C’est de leur faute si d’autres sont indigents
Et de pouvoir mépriser les petites gens
Grâce aux ordres qu’ils donnent à Monsieur l’agent

Et ainsi de violemment réprimer
Toutes tentatives de réelle contestation
De ceux qui sont indignés
Par leur manque de compassion

Il ne faudrait qu’il n’y ait de rébellion
Alors pas de place à la discussion
La flicaille veille et surveille
Les désobéissants même pendant leur sommeil

Travail et bataille

Dans le monde l’entreprise
On peut être au bord de la crise
Au bord de la profonde déprime
Car là l’efficience prime

On exige de vous des rendements de déments
Selon des cadences infernales
Avec en bonus du harcèlement moral
Et personne ne vous défend

Ces petites piques répétées
Ont de quoi vous épuiser
Mais vous vous exécutez
Sous peine d’être licencié

Vous travaillez jusqu’à pas d’heure
Ne ménagez pas votre labeur
Il faut être efficace et qu’il y ait profit
À peine si on vous autorise une pause pipi

Alors vous croulez sous les circulaires
Et les nombreuses directives
De vos collaborateurs aux faux airs débonnaires
Vos actions doivent être productives

Votre besogne doit être fructueuse
Car les affaires se doivent d’être juteuses
Et vous n’avez pas le droit d’être fatigué
Autrement les autres de vous narguer

Mais en réalité vous êtes vanné
Et parfois vous en avez assez de ce dictat
Que l’envie vous prend de vous pendre avec votre cravate
Ce qui serait un violent mais beau pied de nez

Heureusement vous êtes encore assez lucide
Pour ne pas donner dans le suicide
Alors vous rentrez chez vous fourbu
Rejoindre votre petite tribu

Mais vous n’en profitez même pas de la fin de semaine
Il faut vous remettre de l’éprouvante bataille économique
De votre migraine et de votre mal de dos chronique
Dû à ce siège pour lequel vous éprouvez de la haine

Résistances face au violent système

Heureusement il y des gens débonnaires
Conscients de vivre sur une petite sphère
Où règnent des pouvoirs de fer
Et de se montrer envers autrui solidaires

Les démunis ils protègent
Car les puissants les maux du peuple n’abrègent
Et en se montrant bénévolents
Ils s’opposent au système violent

Celui-ci peut vous broyer
Vous laminer, vous écraser
Telle une machine infernale
Comme à l’époque féodale

Mais eux sont bienveillants
Œuvrent à un monde meilleur
Car ils ont du cœur
Et ce tout naturellement

Ils font preuve de générosité
Envers les déshérités, les réfugiés
Tentent de pallier à l’absence
D’un état providence

Parfois ils ont d’un philanthrope le concours
Qui lui aussi apporte de l’amour
À ceux qui n’ont pas eu de chance
Et mènent une malheureuse existence

Ces gens altruistes
Ne veulent d’un monde triste
Et leurs actes de bienfaisances
Forment une indispensable assistance

De par leur bonté ils résistent
À la domination des égoïstes
Hélas ils sont mal organisés
Sans quoi ils auraient bataille gagnée

Évasion fiscale

Les pauvres sont stigmatisés
Surtout les demandeurs d’emploi
Qui se voient pointés du doigt
Se font surveiller

Tout est fait pour les culpabiliser
Et certains qui manquent de compassion
De les traiter d’assistés
Parce qu’ils ont une maigre allocation

Ils croulent sous les démarches
Mais quant aux oligarches
Et leur énorme capital
Qui pratiquent l’évasion fiscale

Rien ne semble les gêner
Cela ne semble être la priorité
Le gouvernement semble fermer les yeux
Sur leur comportement odieux

Tandis que des chômeurs se meurent
Les autres dans leur riche demeure
Ne semblent être guère inquiétés
De placer leur trésor à l’étranger

Alors c’en est assez !
Il est temps de les pourchasser
Ce qui rapporterait au gouvernement
De substantiels sommes d’argent

On a beau dire

Dénoncez le scandale
Ils en feront un spectacle

Racontez l’horreur
Ils en feront une réclame

Protestez contre l’iniquité
Ils en feront une publicité

Attestez de l’ignominie
Ils en feront un téléfilm

Relatez la terreur
Ils en feront du cinéma

Dénoncez l’arbitraire
Ils le mettront en scène

Contestez leurs décisions
Ils en feront un slogan

Critiquez les mystifications
Ils continueront à les maquiller

Rebellez-vous vraiment
Ils vous mettront dans le décor…